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Le désinvestissement fonctionne : plusieurs banques belges avancent

Degroof Petercam et Triodos ont placé Caterpillar sur liste d’exclusion. Argenta annonce s’être retirée de plusieurs entreprises ciblées. Le dernier rapport Don’t Buy Into Occupation (DBIO V), publié fin novembre 2025, documente l’ampleur des liens financiers entre institutions européennes et entreprises impliquées dans l’économie de l’occupation. Mais il souligne aussi un point clé pour les ONG : quand la pression monte, certains acteurs financiers reculent.

Un rapport qui vise les financeurs “derrière l’occupation”

La coalition DBIO (un réseau d’organisations palestiniennes et européennes) s’appuie sur une recherche menée avec l’appui de l’organisme Profundo. Dans une communication publiée au moment de la sortie du rapport, la coalition avance que 1 115 institutions financières européennes ont des relations financières avec 104 entreprises dont les activités “aident à soutenir” l’occupation, l’apartheid et la guerre à Gaza, avec plus de 1 503 milliards de dollars en actions et obligations (au mois d’août 2025) et plus de 310 milliards en prêts et opérations d’underwriting (de janvier 2023 à août 2025).

« Le désinvestissement fonctionne » : des signaux concrets en Belgique

L’angle belge est l’un des éléments les plus scrutés du rapport — et il contient des avancées que les ONG veulent mettre en avant.

Caterpillar sur liste noire chez Degroof Petercam, Argenta et Triodos

Le rapport note qu’au premier trimestre 2025, des banques belges et néerlandaises — Degroof Petercam, Argenta et Triodos — ont placé Caterpillar “sur leur liste noire pour de nouveaux investissements”.
Pour les organisations de la coalition, cette décision est emblématique : Caterpillar est citée dans le rapport parmi les entreprises dont le matériel est documenté comme lié à des pratiques dans les territoires occupés.

Argenta : retrait de Motorola, Volvo… et Heidelberg Materials

Le CNCD-11.11.11 souligne, de son côté, qu’Argenta a décidé — “suite au plaidoyer mené par la coalition DBIO” — de cesser d’investir dans Motorola, Volvo et Heidelberg Materials, trois entreprises pointées pour leur implication dans la colonisation.
En parallèle, l’ONG FairFin indique qu’Argenta a fait savoir, juste avant la publication (novembre 2025), avoir vendu des actions “notamment” Volvo (14 millions de dollars) et Motorola (9 millions).

Pourquoi ces mouvements comptent (et ce qu’ils ne règlent pas)

Ces décisions restent partielles, mais elles portent un message stratégique : les politiques d’exclusion peuvent évoluer rapidement quand une banque estime que le risque (réputationnel, juridique, éthique) devient trop élevé.

Le rapport rappelle aussi que son périmètre s’est élargi : DBIO V ne se limite plus aux entreprises liées aux colonies en Cisjordanie, mais inclut plus largement des entreprises associées au maintien d’une situation jugée illégale par plusieurs instances internationales, ce qui augmente mécaniquement le nombre d’acteurs concernés.

« D’autres acteurs financiers doivent suivre »

En filigrane, DBIO et le CNCD défendent une ligne simple : si certaines banques changent, “rien ne justifie” que d’autres continuent. Le rapport et ses relais associatifs appellent donc à étendre les exclusions et à systématiser une diligence raisonnable renforcée sur les droits humains — en particulier dans les zones à haut risque.

Lire le rapport